Le plan B de Dominique A…

A la fin des années 90, les maisons de disques sont dans le désarroi. Sur l’Internet émergent, surgit le logiciel pair à pair (peer-to-peer) Napster, un système d’échanges de fichiers musicaux (entre autres) qui connaît un succès immédiat et fulgurant. On estime, à sa fermeture en 2001, que plus de 2,8 milliards de fichiers y ont été téléchargés. D’autres applications lui succèderont tels AudioGalaxy, eDonkey, Gnutella, iMesh, Kazaa ou encore eMule ainsi que les protocoles BitTorrent et WinMX. Le piratage des œuvres musicales dites protégées fait rage !

Toute la filière musicale, majors, indépendants et ayants-droit, est sur la défensive et décide de réagir en installant des verrous numériques sur les CD appelés copy controls. Ce petit programme directement inscrit sur les compact discs du commerce  empêche leur lecture dans un ordinateur et freine ainsi les possibilités d’encodage et de transfert sur Internet. Seulement, cette disposition anti-copie avait pour conséquence, parfois, de bloquer la lecture du CD dans les autoradios ou, pire, sur certains lecteurs de CD portables.

Plusieurs artistes, loin d’être consultés, se voient appliquer cette « protection » et s’insurgent contre cette méthode anti-copie. Parmi eux, Dominique A sur le point de publier son sixième album « Tout sera comme avant », en mars 2004. Hostile à toute espèce d’intrusion technologique protectrice sur son CD qu’il considère comme punitive, il s’informe et apprend alors que l’application copy control occupe une place non négligeable sur la surface du compact disc. Il décide donc d’ajouter en fin d’album, un très long morceau, un remix de plus de vingt minutes de « Les éoliennes ».

Cette parade malicieuse empêchera l’installation du programme anti-copie et deviendra une déclaration d’intention envers la profession en même temps qu’une vraie démarche artistique…

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